Burn out et manque d’agents dans la fonction publique, ils existent !

11 Mai. 2022

Le site Acteurs publics rapportait en 2019 une étude menée par le cabinet BCG révélant une hausse « spectaculaire » des attentes des agents vis à vis des ressources humaines de l’Etat ou des collectivités. Notre activité de consultants Paie et RH chez Res Humana fait de nous des témoins privilégiés de cette situation et on peut constater que la situation ne s’est pas améliorée en 2022. C’est le moins que l’on puisse dire. Nous avons sorti de notre quotidien 4 cas réels, anonymisés qui vous permettront de comprendre plus précisément les défis rencontrés au quotidien par les service RH ou paie de la fonction publique. 

Pour commencer, le burn out ne touche pas uniquement le secteur privé. On peut même dire à certains égards qu’il a plus de raisons de toucher les agents de la fonction publique quand on constate de telles disparités entre les missions, les rémunérations et les responsabilités et salaires proposés aux agents. On ne va pas se le cacher, les agents s’engageaient dans la fonction publique pour servir l’Etat mais aussi parce qu’ils allaient bénéficier d’avantages certains. Or ils disparaissent peu à peu. Il est de plus en plus fait appel à des contractuels auxquels on propose un salaire bien moindre par comparaison avec le privé. Ils n’ont ni la stabilité ni aucun des avantages des titulaires. Le résultat ne se fait pas attendre. Il y a un manque de candidats et certains postes restent vacants durant des années.

 

Notre réalité

 

Cette année, nous avons été appelés par une collectivité pour traiter 2300 factures de prestataires impayées. Non pas par faute de moyens mais par manque de personnel pour les traiter. À noter qu’il faudra 230 jours soit 11 mois à un employé pour arriver au bout de la pile et que ce sera évidemment autant de temps durant lequel le paiement de la mission n’aura pas eu lieu.

Que l’on ne s’y trompe pas, les collectivités ont les moyens de payer et d’embaucher mais ils font face à une pénurie de candidats qui n’est pas partie pour se résoudre simplement. Quand certains se risquent à accepter un poste, ils sont souvent embauchés à Bac+4, à peine sortis de leurs études et faute d’encadrants se retrouvent lâchés dans des métiers complexes. Autant dire que les valeureux ne restent pas longtemps et qu’ils préfèrent partir dans le privé afin de recevoir un autre traitement.

Cette organisation n’épargne personne et ceux présents dans la maison depuis de nombreuses années font face à des procédures extrêmement rigides qui n’évoluent pas. Est-ce faute de volonté ? De moyens ? C’est surtout le fruit d’un paradoxe, celui d’une grande mobilité des cadres dirigeants créant une inertie dans les procédures et habitudes. Si aucun décisionnaire ne reste suffisamment longtemps pour s’atteler au problème, alors le « mammouth » fera ce qu’il sait faire de mieux, du « comme d’habitude » aussi connu sous le nom de « ce qui est prévu ». Aussi lourd et inefficace cela fut-il. 

Personne ne s’étonnera donc que le burn-out guette les chefs de service et agents et qu’un directeur général des services (DGS) prenant ses fonctions fasse appel à Res Humana le 8 du mois afin d’assurer les paies de tous les agents de la collectivité le 15 du même mois faute de personnel en mesure de s’y atteler. Ce sont malheureusement des histoires vraies !

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